Carnet d'écriture d'un thriller

Thriller : genre artistique utilisant le suspense et la tension narrative pour provoquer chez le lecteur une excitation ou une appréhension

Je viens d’entamer la dernière ligne droite du processus éditorial de mon premier roman. Il devrait s’achever pendant l’été 2019. Je travaille en parallèle sur les modifications de ce roman et sur la rédaction du second. Je suis donc un peu sous l’eau en ce moment et j’ai dû ralentir les publications sur ce blog.

Le titre et la couverture définitive changeront pour mieux coller à la ligne éditoriale de l’éditeur. Je n’ai pas encore de date précise concernant la publication, mais je table toujours pour la rentrée 2019.

Après plus de 60 ans d’attente, le dossier de l’affaire Dyatlov va être enfin rouvert par les autorités russes. Je m’intéresse particulièrement à cette enquête, car elle est le sujet de mon prochain roman en cours de rédaction.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore cette tragédie, voici un résumé :

Dans la nuit du 1er février 1959, un groupe de neuf étudiants disparait pendant une randonnée en Sibérie. Leurs corps sans vie seront retrouvés quelques semaines plus tard, à la lisière d’une forêt de l’Oural. Les causes de cette tragédie demeurent à ce jour indéterminées. Ce mystère est connu sous le nom de « l’affaire Dyatlov », du nom du chef de groupe.

En 2018, sous l’impulsion de l’écrivain britannique Keith McCloskey, j’ai participé à une collecte de fond pour embaucher un avocat et relancer l’instruction. Je suis heureux d’apprendre que nos efforts ont porté leur fruit. Peut-être que nous connaitrons enfin la vérité sur cette terrible affaire.

« Notre objectif est de déterminer laquelle des 75 versions existantes est la plus probable, à l’aide de preuves fiables ». Le bureau du Procureur général de Russie reprendra l’enquête sur la mort du groupe de touristes en février 1959 dans le nord de l’Oural. 60 ans après les faits, cet endroit est connu comme « le col de Dyatlov ».

Aleksander Kurennoy – Press Secretary of the Prosecutor General’s Office of the Russian Federation

« In America, you call this man Hitch. In France, we call him Monsieur Hitchcock. »
« En Amérique, vous respectez les films d’Hitchcock parce qu’il filme les scènes d’amour comme des scènes de meurtres. En France, nous le respectons parce qu’il filme les scènes de meurtre comme des scènes d’amour ».

François Truffaut, 1979, lors d’une cérémonie de l’American Film Institute en hommage à Monsieur Hitchcock

Sir Alfred Hitchcock, bien que physiquement présent lors de cette cérémonie, était déjà gravement malade et un peu intellectuellement absent. Il décédera quelques mois plus tard. La maitresse de cérémonie, la toujours sublime Ingrid Bergman, elle-même atteinte d’un cancer, déclara ce soir-là en coulisse : « mais pourquoi organisent-ils toujours ce genre de cérémonie quand il est déjà trop tard… ? »

Je m’interroge depuis quelques années sur mes sources d’inspiration. Pourquoi suis-je passionné par l’écriture d’histoires à suspense ? Ce qu’on appelle vulgairement des « thrillers »…

Sans aucun doute, je dois un peu de cette passion à Monsieur Hitchcock. J’ai très tôt, dès l’enfance, été marqué par le génie de cet homme. Certain de ses films (en particulier Psycho et The birds), je les ai découverts tardivement, à la fin de l’adolescence, car ils étaient encore considérés comme des films « d’horreur », même dans les années 80. D’autres, je les ai découverts encore plus tardivement, car mes gouts de jeune homme ne se sont affermis qu’avec le temps (je pense en particulier à Vertigo [Sueurs froides], un véritable chef-d’œuvre que je ne me lasse pas de voir et revoir).

Mais étrangement, au tout début de mon histoire avec le « Doctor Hitchcock », cet homme était pour moi surtout « Mister Hitch » :

Je suis né dans les années 70 et pour moi, Hitchcock, avant même d’être un cinéaste de génie, c’était avant tout une certaine littérature… d’un genre discutable. Mon père admirait beaucoup « Mister Hitch » et il collectionnait tous les livres de poche « Alfred Hitchcock présente ». Dans mon esprit d’adolescent peu cultivé, Hitchcock était donc avant tout le diffuseur de recueils de nouvelles « d’horreur » que je lisais en cachette. Je n’ai pas relu ces livres depuis mon adolescence. Je crois cependant qu’ils n’étaient pas trop mal écrits. D’après mes souvenirs, leurs textes me semblaient meilleurs que leurs couvertures vulgaires. L’ambition de cette collection curieuse était de faire frissonner les lecteurs. En vérité, il n’y avait rien d’horrifique dans ces nouvelles. Mais « Mister Hitch » n’était pas seulement un cinéaste de génie, il était aussi un publicitaire qui comprenait son époque et il aimait brouiller son image, parfois à ses propres dépends.

Certaines de ces nouvelles furent adaptées pour la télévision dans une série qui me fascinait alors :

Il existait donc deux facettes du même personnage : « Doctor Hitchcock » et « Mister Hitch ».

Hitchcock et Truffaut

Au 20e siècle, Hitchcock était considéré, à juste titre, comme le maitre du suspense et du thriller. Il n’a pas inventé le genre (l’Odyssée d’Homère était déjà un formidable thriller), mais il l’a en quelque sorte « codifié » en posant certaines de ses bases. Les conventions qu’il a alors établies restent encore pertinentes aujourd’hui. Mais je n’ai découvert le génie du « docteur Hitchcock » que tardivement, par l’intermédiaire d’un autre cinéaste, François Truffaut, et de sa plus grande œuvre : le fameux « Hitchbook ».

Ce livre est tout simplement le plus grand ouvrage jamais écrit sur le cinéma. Voilà, c’est dit.

Je proclame ceci d’un ton péremptoire, tout en sachant que je ne suis pas un expert dans ce domaine, loin de là. Je suis cinéphile, mais ma culture en la matière se limite à l’amateurisme passionné. Pourtant, je suis sidéré par le génie des films d’Hitchcock, que je redécouvre petit à petit avec le temps et je lui dois bien aujourd’hui ma passion pour l’écriture. Je suis certes admiratif de sa technique avant-gardiste et novatrice — expérimentale parfois — mais surtout de cette nécessité impérieuse qui motivait chacun de ses films : transporter ses spectateurs à travers des « montagnes russes » émotionnelles. Pour moi, le cinéma, ou la littérature, dois tendre vers cet objectif ultime : utiliser l’émotion des spectateurs/lecteurs pour les manipuler dans un univers improbable. Mais Hitchcock c’était aussi un style propre, particulier, reconnaissable. Il est né avec le cinéma. Ses premiers films oubliés aujourd’hui étaient des films muets. Il exprimait donc depuis le début la quintessence de son art.

Je suis infiniment reconnaissant à Truffaut d’avoir écrit ce livre en 1962, publié une première fois en 1966, puis réédité en 1983. Il disait qu’il n’en était pas l’auteur, mais l’initiateur. C’est certainement vrai. Ce livre se lit comme un « cookbook » avec des recettes techniques sur le cinéma. Il s’agit en fait de 16 chapitres d’entretiens entre deux cinéastes qui s’estimaient. Truffaut était un fervent admirateur d’Hitchcock et il tenait, avec ce livre, à redresser la réputation de cet homme, injustement méprisé aux États-Unis par les critiques qui le considéraient plus comme un amuseur que comme un véritable artiste. Truffaut voulait rendre justice à Hitchcock, qui, « avant d’aimer le cinéma, aimait la pellicule ». Et c’était tellement vrai.

Je connaissais le « Hitchbook » depuis plusieurs années, mais je ne me l’étais jamais procuré. C’était pour moi une espèce de « Necronomicon », un livre interdit, réservé aux pures cinéastes. Pourtant, j’en avais quand même lu quelques extraits et surtout j’avais écouté des passages extraordinaires de ces entretiens entre le maitre et son disciple :

J’étais littéralement fasciné par leurs conversations. Celles qui s’articulaient autour du scénario m’intéressaient plus que les autres, car je les trouvais très inspirantes pour la construction de la structure de mes romans. Mais le reste, sur la technique cinématographique, comme le positionnement des caméras ou les « trucages » inventifs de l’époque, était tout autant fascinant. Je note d’ailleurs que le terme « trucage » a disparu, on ne parle plus que « d’effets spéciaux ou numériques » aujourd’hui.

Les discussions qui s’articulaient aussi autour des comédiens, de leur jeu d’acteur et de leur personnalité de diva étaient passionnantes, inspirantes parfois, pour la construction de mes propres personnages. Les anecdotes étaient nombreuses et succulentes. Mais ce qui me plaisait le plus dans ses bobines enregistrées en 1962, c’était de me retrouver dans la position d’un « voyeur », une espèce de voyageur dans le temps, explorant un autre siècle, un autre lieu, comme un intrus invisible et sournoisement infiltré entre deux artistes de génie, volant ici et là leurs secrets les plus intimes.

Cependant, il me tardait de posséder le livre « Hitchcock/Truffaut, édition définitive » dont la seconde édition a été publiée en 1983, quelques mois avant le décès surprenant de Truffaut qui n’avait alors que 52 ans. Je vis encore cette disparition précoce comme une terrible injustice. Je lui suis tellement reconnaissant d’être l’initiateur de ce « Hitchbook » qui a non seulement redressé la réputation d’Hitchcock dans le monde (et surtout aux États-Unis), mais qui participe encore aujourd’hui à ma passion pour l’écriture d’histoire à suspense.
Ce livre n’est pas facile à trouver, même chez votre libraire le plus motivé. De plus, je privilégie la lecture sur liseuse électronique, pour des raisons de confort, et j’appréhendais la lecture d’un si imposant ouvrage. J’avais perdu l’habitude de lire des livres physiquement aussi grands. Je l’ai finalement commandé chez Payot et je l’ai reçu, comme un symbole, la veille de Noël.

Depuis, je ne décroche pas. Je l’ai lu avec une avidité rare et je le relis encore, cherchant ici et là des astuces qui pourraient m’inspirer pour la structure de mon roman en cours de rédaction. À chaque page, je trouve un nouveau sujet de réflexion. Je n’en finis pas de repenser ma structure dramatique. Cet ouvrage est plus instructif et passionnant que l’immense majorité des thrillers publiés de nos jours. Je désespère encore de découvrir un auteur contemporain capable d’écrire un thriller qui rende hommage au génie d’Hitchcock. Il est vrai que les ressorts cinématographiques et littéraires ne sont pas tous les mêmes, il est par exemple impossible d’écrire un roman avec une succession de scènes d’action. Même au cinéma, je trouve ce genre de film particulièrement indigeste et d’un ennui profond… alors dans un livre, je n’ose considérer le résultat… en revanche, la force de la littérature romanesque sur le cinéma c’est d’être capable d’approfondir la psychologie des personnages et leurs instants introspection, ce qui est techniquement infaisable au cinéma. C’est la raison pour laquelle je considère que les meilleurs thrillers écrits sont des romans psychologiques… mais il n’existe en réalité que peu d’auteurs contemporains enthousiasmants.

Dans tous les cas, ce qui réunit les auteurs de romans et le cinéma d’Hitchcock, c’est le matériau de base : l’émotion. L’art de cet homme de génie résidait dans cette habileté à manipuler ses spectateurs pour communiquer à travers leurs émotions, une histoire fascinante, voire enchantant comme disait Vladimir Nabokov :

« On peut considérer l’écrivain selon trois points de vue différents : on peut le considérer comme un conteur, comme un pédagogue et comme un enchanteur ; mais chez lui, c’est l’enchanteur qui prédomine et fait de lui un grand écrivain »

Pour ces trois mêmes raisons, Hitchcock écrivait avec sa caméra des chefs-d’œuvre intemporels et universels, ce qui fait de lui, encore aujourd’hui, un extraordinaire manipulateur d’émotion.

Je suis un écrivain d’état-major. Cette formule succulente n’est pas de moi, mais de mon conseiller littéraire. Et croyez-moi, ce n’est pas très glorieux. Je m’explique.

Je souffre d’un mal étrange : la structutionite scriptor aiguë (ne cherchez pas, j’ai inventé ce mot). Cette maladie est particulièrement développée chez certains écrivains. Les symptômes sont curieux, ils se manifestent en une volonté compulsive de structurer à l’avance l’intégralité de son roman. Le moindre événement sera ainsi planifié, organisé, évalué et positionné sur une time-line millimétrée. C’est assez douloureux. Impossible d’écrire le moindre mot sans avoir tout planifié.

Attention, l’image qui suit peut choquer certaines âmes sensibles…

Manifestation d’un cas de structutionite scriptor aiguë particulièrement sévère.

En la matière, je suis une espèce de patient zéro. « Un cas d’école », comme dirait peut-être mon conseiller littéraire. Si vous suivez mon blog, vous avez éventuellement lu l’article Mon étrange processus d’écriture. J’y décris les différentes étapes qui me sont nécessaires pour rédiger un roman. Comment en suis-je arrivé là ? difficile à dire… je crois que les origines de ma maladie sont multiples.

En premier lieu, mon métier. Je suis développeur et dans mon travail, il faut structurer à outrance. Nous sommes formatés pour concevoir des architectures logicielles alambiquées. De plus, pour aggraver notre cas, un étrange virus est apparu ces dernières années aux États-Unis et il s’est rapidement répandu comme une pandémie foudroyante dans le monde. Ce virus porte le nom barbare de « méthodologie scrum » et il serait une mutation d’une autre maladie virale connue sous le nom de « manifestus agilus » dont les origines sont encore inconnues à ce jour.

Pour en savoir plus sur cette pandémie, je vous invite à lire cet excellent article.

Pourquoi Agile et Scrum sont catastrophiques

Je ne discuterai pas des effets secondaires de la méthode scrum sur ce blog. Sachez simplement que les développeurs atteints de cette curieuse maladie ne peuvent s’empêcher de gribouiller d’étranges formules incantatoires sur des petits post-its colorés, qu’ils déposent ensuite, presque religieusement, sur une surface plane perpendiculaire au sol.

Cas pathologique sévère typique d’un scrum board foudroyant

Bref vous l’avez compris, mon job a une influence quelque peu néfaste sur mon activité d’auteur. En soi, cette maladie de la structutionite scriptor aiguë est plutôt bénigne. On peut même vivre quelques années avec. Mais ses symptômes particulièrement énergivore et chronophage ralentissent ma productivité d’auteur.

Une vidéo me présentant comme un « scrum master » circule sur Internet.
Ne vous y fiez pas, c’est un montage honteux…

L’autre origine de mon état lamentable est probablement liée à une hygiène de vie plus que discutable et à une alimentation peu équilibrée à base de méthodologie américaine sur l’écriture créative. J’ai en effet la fâcheuse tendance à ingurgiter jusqu’à la nausée toutes les méthodes d’écriture qui me passe sous la main. Je suis un excellent client pour le secteur de l’édition de manuel en tout genre qui a un rapport plus ou moins éloigné avec la littérature. J’ai consommé en énorme quantité du John Truby, du Blake Snyder, du Christopher Vogler et autre Robert McKee. Il m’est même arrivé de suivre les masterclass de Dan Brown et de James Patterson (quand je vous dis que j’ai touché le fond…).

Inexorablement, je me suis rapproché du précipice. Heureusement pour moi, il existe des thérapies. L’une d’elles serait basée sur un concept assez original qui porte le nom de « spontanéité ». Le principe de cette thérapie serait donc d’ajouter une dose de spontanéité dans sa routine d’écriture. Je vais tenter ce truc pour voir, ça à l’air pas mal. Ça sera d’ailleurs mon unique résolution pour 2019 (je ne changerai rien d’autre, tout le reste est déjà parfait dans ma vie).

L’écrivain JP Depotte parle ici de spontanéité

Concernant mon statut peu glorieux d’écrivain d’état-major, j’ai quand même l’intention de passer plus de temps en 2019 sur la page (autrement dit sur le champ de bataille), car c’est là que se gagnent les plus grandes victoires.

L’image mise en avant est une peinture de Vassili Verechtchaguine intitulée « Napoléon près de Borodino » (1897).

La nuit dernière, j’ai écrit un article intitulé « Je suis nul sur Twitter ». Au début, je voulais l’appeler « The Twitter Experience », mais ce titre n’était pas en adéquation avec le ton de l’article qui se voulait surfer sur un peu d’autodérision et une pointe de provocation.

Je me suis amusé à écrire cet article, un peu en mode trash, avec un style différent de celui que j’adopte habituellement. Je n’en suis pas particulièrement fier, ce n’est pas le meilleur de mon blog, mais c’était assez fun à rédiger. Et surtout, je voulais tester un titre un peu plus « putaclic » avec un screenshot d’un jeu vidéo bien à la mode (Red Dead Rédemption II). Bref, c’était une petite expérience pour valider, ou pas, les conseils d’un ami.

Le bilan de ce test est plutôt intéressant. J’ai multiplié mon taux d’engagement par 22, j’ai eu 15 fois plus d’impressions que sur mes tweets précédents et j’ai eu deux retweets (mon record égalé). Ce n’est pas trop mal pour un nobody. Chose étrange, cet article a propulsé le nombre de mes abonnés sur… Facebook (+14 dans la journée !)

Mais ce que j’apprécie le plus, ce sont les interactions obtenues en commentaire sur mon blog avec trois autres auteurs. Ce fut particulièrement édifiant de lire leurs conseils. L’excellent Julien Hirt m’a donné sa méthode pour augmenter son audience sur Twitter. J’ai commencé à l’appliquer et ça fonctionne : j’ai déjà trois abonnés de plus… mais ce n’est pas tout, Jeanne m’a partagé son expérience et Alice Battante m’a conforté dans mon apaisement. Merci à vous trois.

Au final, mon audience sur Twitter n’est pas vraiment importante. Je voulais surtout démonter un mécanisme pour comprendre comment fonctionnait ce RS. Et aujourd’hui, je comprends un peu mieux.

Concernant l’article en question, je ne renouvèlerai pas l’expérience. Il est un peu trop long à mon gout, je préfère des textes courts sans digression. Et le ton adopté, un peu trash, ne me correspond pas. À l’origine, je n’avais pas prévu d’écrire l’histoire d’un « clash manqué », mais de développer un concept dramaturgique que je trouve très important pour les personnages d’un roman qui peuvent être soumis à des « obstacles externes d’origine interne ».

Je laisse mon dramaturge préféré, Yves Lavandier, expliquer de quoi il s’agit dans cette vidéo :

La nuit dernière, mon article devait donc originellement traiter de ce concept. Par dérision, je me suis identifié au jeune blanc-bec à la recherche de son « Jimmy Ringo » sur Twitter et j’ai raconté ma vrai/fausse histoire d’un clash manqué. Je trouvais ça amusant d’illustrer le concept « d’obstacles externes d’origine interne » avec mon Jimmy Ringo à moi, qui dans sa grande bienveillance, m’a laissé la vie (sociale) sauve. Bref, j’espère que vous avez apprécié le clin d’œil. 

Et n’oubliez pas une chose importante : la réalité est l’ennemi !

Image mise en avant tirée du film « The Gunfighter » (1950), écrit par William Bowers, William Sellers et André De Toth. 

La première phrase est toujours — toujours — la plus difficile. C’est celle qui va déterminer la tonalité du reste. C’est celle qui va procurer à la suite de votre récit sa couleur naturelle et son ambiance souveraine.

La première phrase d’un prologue est donc particulièrement difficile à faire surgir. Surtout quand il s’agit des premiers mots d’un nouveau roman. Le prologue et les chapitres précédents supprimés, je partais d’une nouvelle page blanche et glacée, similaire à un blizzard aveuglant qui, par simple coïncidence, était justement le sujet de mon prologue. 

Mais certaines nuits froides sont propices à la respiration d’une intuition. On appelle ça parfois « l’inspiration ». Je n’y crois pas. Je crois plutôt en la répétition de l’effort quotidien. Je crois volontiers dans les capacités du cerveau humain qui semble capable de retrouver un sillon déjà tracé à l’intérieur d’un réseau neural, creusé jour après jour, par l’habitude de la pratique de l’écriture.

Bon, c’est bien joli tout ça. Presque poétique. Mais ça ne m’a pas permis d’écrire plus de 394 mots…

Pouet pouet.

Ces deux dernières nuits, j’ai travaillé avec mon conseiller littéraire sur les motivations de mes personnages. Cet échange fut très intéressant pour la construction de mon roman. Nous avons discuté longuement de la caractérisation des différents protagonistes qui ont du coup gagné en épaisseur. Leur relation avec l’histoire apparait aussi plus clairement dans mon esprit. Ils sont désormais plus cohérent.

C’est la première fois que je travaille aussi tôt dans l’élaboration d’un manuscrit avec un regard extérieur. J’ai la chance de collaborer avec une personne qui possède une sensibilité et un regard très pertinent sur la structure d’une histoire. J’apprécie aussi beaucoup son apport sur la psychologie de mes personnages.

Cependant, j’ai dû revoir une partie de ma structure. Elle sera bien plus efficace, mais je dois me séparer des deux chapitres et du prologue que j’avais déjà écrit et qui ne fonctionnent plus. Ces textes vont disparaitre dans un dossier « scènes annulées », mais sans aucun regret car je suis convaincu par la nouvelle structure à venir.

Naturellement, le nombre de mots écrits sur le projet est retombé à zéro. Mais parfois, il est préférable de reculer pour mieux sauter…