Encore un petit effort…

 

pexels-photo.jpgJe suis sur le toit de mon immeuble de neuf étages. Je contemple le coucher de soleil sur les monts du Jura. Je savoure mon dernier Hoyo de Monterrey, Epicure n° 2. Contre toute attente, il est délicieux, malgré une conservation inadéquate, faute d’humidor digne de ce nom. Il est bon comme un vieux roman oublié dans un grenier. Plus rien ne m’étonne.

J’en profite pour faire le point. Je suis en train de terminer la première phase de réécriture. Il me reste six scènes à retravailler. Je vois enfin le bout du tunnel (je m’autorise quelques clichés ici). Ce matin, j’ai écrit 1353 mots. Un exploit. Scène 58. Je vais la retravailler ce soir. Je suis épuisé. Deux ans c’est long. Je travaille quatre heures par jour sur mon manuscrit. Je doute, mais j’avance. Je progresse. Encore un dernier effort. Ne rien lâcher sur la qualité. 86 000 mots. Objectif 94 000. J’ai envie d’accélérer dans la dernière ligne droite, mais je sais que c’est une mauvaise idée. Je dois maintenir le rythme de 500 mots par jour, week-end inclus. La régularité est la clé. Je sais que 500 mots, c’est peu. J’écris lentement, désolé. Je passe autant de temps à préparer mes scènes qu’à les rédiger. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est comme ça. C’est mon rythme d’écrivain et je n’y peux rien. Avec mon travail à plein temps, c’est tout ce que j’ai dans les tripes.

Puis viendra l’étape suivante : bêta lecteurs et diagnostic du roman auprès d’une agence littéraire. Je connaîtrai enfin ce que vaut mon livre.

L’écriture d’un premier roman, quelle aventure ! Deux ans de doute, de lutte, de sacrifice, de solitude. Ma technique narrative s’est développée. Mon style s’est posé. Mes personnages se sont imposés. Ils ont pris les choses en main. Pourtant, il reste encore beaucoup à faire. Une seconde phase de réécriture sera nécessaire. Peut-être 3, peut-être 4… 5…

Ce week-end c’est le Salon du livre à Genève. Je ne sais pas encore si j’aurai le courage de rencontrer mes « pairs ». Ça va être l’embouteillage pour Dicker et Beigbeder. Kennedy sera là aussi. Et bien d’autres auteurs, tous méritants. Je respecte tous les écrivains de tout genre, car je connais désormais l’intensité de l’effort à produire. Rien n’est plus difficile.

Ne rien lâcher.

Il fait nuit. Mon Havane s’est gentiment consumé. J’ai froid. Solitude. Je vais rentrer.

Je crois que je ne ferai pas le salon cette année.

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