Interview

J’ai été interviewé par Matthiew Biasotto, un auteur talentueux qui est aussi le créateur de ma couverture. Je me permets de retranscrire notre échange en avant-première ici. Bonne lecture !

Matthieu Biasotto : la fin de l’année s’annonce chargée en sorties pour les indépendants, cette fois je suis heureux d’accueillir Laurent Jayr qui va répondre à mes questions et vous parler de son roman « La finance de l’ombre », un thriller… financier. 😉

Hello, Laurent ! Merci d’avoir fait appel à moi pour ton roman. Est-ce que tu peux te présenter à mes lecteurs et nous expliquer en deux mots comment tu as plongé dans l’écriture ?
Hello, Matthieu ! Et merci de m’accueillir sur ton site.
L’écriture, c’est un peu mon travail depuis plus de vingt ans. Le jour, j’écris des lignes de code (je suis développeur) et la nuit, j’écris des romans. Bref, je passe l’essentiel de mon temps à écrire quelque chose…
Plus sérieusement, ma passion est l’écriture d’histoires à suspense. J’imagine et écris principalement en mode nocturne, mais aussi parfois tôt le matin. Plusieurs heures par jour. Tous les jours. Anniversaires et fêtes nationales compris 😉

Est-ce qu’il s’agit de ton premier roman ?
Oui, c’est le premier, mais il a maturé dans mon esprit pendant une dizaine d’années. J’ai même retrouvé un vieux carnet dans lequel je posais mes premières idées. J’avais écrit « 11 juillet 2009 » en haut de la page. Mais je me suis véritablement lancé dans l’écriture qu’en 2016. J’ai donc pris tout mon temps.

Le fric m’oppresse, mais je n’ai jamais pensé à en faire un thriller… J’imagine que tu ne t’attaques pas à un tel sujet par hasard. Me trompé-je ?
Tu as raison. On peut appeler ça les « hasards de la vie ». Avec mon métier de développeur, j’ai pas mal bourlingué et j’ai travaillé dans des milieux plutôt variés : les assurances, les jeux électroniques, la pharmacologie, les hôpitaux, la formation…
Et puis un jour j’ai été embauché par une société de trading suisse et ma vie a basculé. C’est là-bas que m’est venu le sujet de mon premier roman. J’étais alors un petit développeur lambda discret et sans envergure, mais la particularité de mon poste faisait que j’avais accès à des informations ultras confidentielles. Je me suis même trouvé un peu malgré moi au cœur d’un système effroyable. Je n’ai tenu que deux ans, j’ai fini par démissionner. Mais je n’ai jamais oublié « ces choses » que j’ai vues ou entendues, ces bruissements de couloirs sidérants… je me disais souvent « pu****, si les gens savaient… » cette expérience m’a fortement marqué et certains événements clés de mon livre sont donc inspirés d’éléments réels.

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Quels sont les thèmes que tu aimes aborder ou qui t’inspirent en dehors de la finance ?
Je crois que peu importe le thème, le plus important dans une fiction, ce sont les personnages. Ce qui me passionne c’est donc d’imaginer comment un personnage va réagir dans un contexte particulier avec ce qui le caractérise le plus. Mais pour revenir sur l’aspect thématique, je suis assez fasciné par la notion du « mystère inexplicable », de « la perte de contrôle » et des « grands secrets du passé » qui demeurent irrésolus. C’est d’ailleurs l’un des thèmes de mon second roman. Je crois que ça fait partie de mon univers d’auteur d’inscrire ainsi mes histoires dans le terreau du réel. Je serai incapable, pour l’instant, d’écrire de la SFFF. Ça me semble tellement difficile ! J’ai besoin de puiser mes sujets d’inspiration dans le concret et d’en extraire une fiction proche de la réalité.

Comment es-tu arrivé à l’édition ?
Je ne connaissais absolument rien au métier de l’édition, j’ai donc commencé par chercher un éditeur par la voix traditionnelle : manuscrits envoyés par la poste ou par email. J’ai bien entendu essuyé plusieurs refus, mais j’ai été accepté par deux maisons d’édition qui m’ont contacté pour me proposer un contrat. Lorsque j’ai pris connaissance des termes de ces contrats, j’ai été plutôt sidéré. Je ne pensais pas que les auteurs pouvaient être autant déconsidérés dans le processus d’édition de leur propre livre… j’ai alors appris qu’il existait des alternatives, comme l’autoédition, bien plus avantageuse pour un auteur. Mon manuscrit est encore en lecture dans quelques maisons d’édition. Un agent littéraire est aussi « intéressé ». J’attends donc encore un peu pour voir, même si j’ai très envie de tester l’aventure de l’autoédition.
Certes, cette voie est un peu déstabilisante, surtout vis-à-vis de l’investissement chronophage qu’il faut planifier. Il faut créer un blog, une page auteur Facebook, chercher un correcteur, des bêta-lecteurs, un conseiller littéraire pour le travail d’édition, faire le marketing, créer une couverture… mais le côté entrepreneurial m’a séduit également. Cette idée de tout maitriser, du début à la fin, c’est plutôt agréable. Un de mes conseillers littéraires me disait dernièrement, au sujet de la charte des auteurs indépendants : « pour que les auteurs indépendants accèdent à une vraie légitimité, il faut que leurs livres soient deux fois meilleurs que ceux des éditeurs traditionnels » et je crois qu’il a raison. On doit donc se retrousser les manches et j’aime ça !

Tu peux nous parler de ton projet « La finance de l’ombre » ?
Pour commencer, je voudrais préciser que je n’ai absolument rien contre les banques ou la finance en général, même si mon expérience personnelle sur ce terrain fut plutôt traumatisante. Mon roman ne s’attaque pas à ce métier respectable. D’ailleurs mon père a fait toute sa carrière dans une grande banque française. Je suis en revanche plus sceptique au sujet des transactions opaques qui se développent de plus en plus dans les « dark pools » et autres dérives du trading à haute fréquence. Mais mon roman ne traite pas de ces sujets. Il place un regard précis sur les conséquences de la crise des subprimes dans le monde. La Suisse a été, je pense, injustement pointée du doigt alors qu’elle n’était responsable de pas grand-chose dans cette histoire-là. Il se passe des choses bien plus troublantes dans la City de Londres ou à Wall Street. Je n’en dirai pas plus…

Pour en revenir à mon projet, je prendrai en exemple le film « Margin Call » (JC Chandor 2011). Lors de sa projection au festival du film policier de Beaune, les spectateurs, la presse et le jury se sont demandé ce que ce film faisait en compétition. En effet, cette histoire de banque d’investissement aux actifs toxiques ne correspondait en rien aux codes du polar. Il n’empêche que ce film, au casting prestigieux, est sorti auréolé du Grand Prix du festival…
Mon roman est un peu dans la même veine. Les thrillers financiers sont plutôt rares, mais je crois qu’il existe un véritable lectorat pour ce genre particulier. Qui n’est pas intéressé par l’histoire de ces hommes et de ces femmes, véritables criminels en col blanc, souvent complexes, souvent dénués de tout sens éthique, mais qui sont aussi parfois capables de tout foutre en l’air pour se rebeller contre le système ? C’est un sujet qui, s’il met les personnages au centre, peut intéresser tous les amateurs de thrillers. Et même les autres.

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À propos du visuel, quelle ambiance souhaitais-tu retranscrire avec ta couverture ? C’est le moment de nous vendre du rêve !
Je crois que la couverture est le visage d’un roman. C’est le premier contact visuel entre le lecteur et l’objet livre. Un rapport de séduction instantanée doit s’opérer. Une espèce de coup de foudre. Si la couverture ne plait pas à un lecteur, la chance que ce dernier retourne le livre pour lire la quatrième de couverture est très faible. Mais je crois aussi qu’il ne faut pas mentir à son lecteur, la couverture doit clairement annoncer le contenu du livre. Pour le mien, il fallait donc retranscrire une ambiance proche de l’univers abordé : celui de la finance moderne, avec un personnage dans l’ombre, inquiétant et en même temps en plein doute sur ce qu’il fait. Tu as parfaitement retranscrit ce que je souhaitais. Mon livre est un thriller financier qui se passe en Suisse, mais avec des enjeux planétaires importants. La perspective de Manhattan en skyline et de Wall Street en filigrane est donc parfaite. Les jeux de transparence sur le trading électronique également. Sans révéler des éléments de mon intrigue principale, je peux dire que c’est l’arrière-plan de mon sujet. J’ai aussi insisté pour que le jet d’eau de Genève, symbole de la cité de Calvin, soit présent, car l’essentiel de mon histoire se situe en Suisse, au bord du lac Léman.

Selon toi, est-ce que la couverture est déterminante pour le succès d’un livre ? À plus forte raison sur les plateformes comme Amazon ?
Elle fait partie du processus de séduction, alors oui, elle est très importante. Une mauvaise couverture peut fortement réduire le succès potentiel d’un livre. Personne n’a envie, moi le premier, de lire un roman dont la couverture fait amateur. C’est d’autant plus vrai sur les plateformes comme Amazon où votre livre se retrouve noyé parmi des dizaines de milliers d’autres ouvrages. Il suffit de regarder le classement des meilleures ventes pour s’apercevoir que toutes les couvertures sont attrayantes. D’ailleurs, j’ai remarqué que dans la catégorie des meilleures ventes thriller, plusieurs couvertures sont de toi… félicitations !

À propos du titre, tu as eu l’inspiration immédiatement ? Il s’est imposé au début du projet, en cours d’écriture ou en toute fin ?
Le titre a souvent changé. Je dois avoir une douzaine de versions différentes. Je me suis décidé sur la fin pour « La finance de l’ombre », car il est assez révélateur du thème principal que je développe. C’est aussi une expression connue dans le milieu, traduction non littérale de « shadow banking » qui décrit le système opaque dans lequel le monde de la finance évolue aujourd’hui.

En tant qu’auteur, qu’est-ce que tu attends d’une bonne couverture ?
Qu’elle décrive en un coup d’œil l’univers de mon livre.

Et en tant que lecteur ?
Qu’elle me séduise et qu’elle me dise la « vérité » sur le livre.

Trading et suspense, c’est un cocktail étonnant. Est-ce que tu as prévu une suite, ou d’autres histoires dans cet univers ?
Non pas dans l’immédiat. J’y reviendrai peut-être après mon second roman. Ça va bien entendu dépendre de l’accueil du premier, même si je crois qu’on ne choisit pas toujours le thème de son prochain livre. J’ai plutôt l’impression que ce sont les idées qui vous choisissent et qui s’imposent à vous, pas le contraire. Mais j’ai aussi le sentiment que je n’en ai pas fini avec cet univers du trading et de la finance en général. Il y a bien eu une suite à « Wall Street », alors pourquoi pas moi ?

Est-ce que tu as testé ta couverture auprès de proches pour prendre la température ? Si oui, comment ça se passe ?
J’ai fait un petit sondage sur mon blog et parmi mes amis. J’avais trois propositions de couverture différentes. Une des trois plaisait plus que les autres. Mais tous avaient du mal à se décider. Personne ne m’a dit qu’il n’aimait pas, que ça faisait amateur ou autre chose. Tous au contraire ont plébiscité ces trois couvertures et en toute objectivité je peux dire que tu as fait un excellent travail.

Comment es-tu venu à me contacter ? Pourquoi moi ?
J’ai découvert ton travail par le plus grand des hasards du blog d’une auteure avec qui tu avais collaboré pour son roman. J’ai tout de suite été séduit par la qualité de sa couverture. Je la trouvais parfaite, bien équilibrée, un vrai travail d’artiste. J’ai ensuite visité ton site et je me suis dit « c’est lui qu’il me faut ! »

Comment décrirais-tu notre collaboration ?
J’avais un peu peur au début que tu ne sois pas très disponible, mais c’était tout le contraire, tu m’as rapidement répondu et on a convenu d’un entretien sur Skype. Lors de nos différentes conversations, je t’ai trouvé très ouvert, très curieux et il se dégageait de ta personnalité une bienveillance rare. Ça me changeait des traders ! Tu avais vraiment envie de créer la meilleure couverture possible. J’ai aussi été surpris par ta rapidité. On sent que tu es un professionnel expérimenté. Mais surtout, c’est ta fibre artistique qui est précieuse dans ce que tu fais. Le fait que tu sois aussi un auteur à succès, avec 14 romans à ton actif, te permet de comprendre immédiatement ce qu’il faut faire. Je me sens privilégié d’avoir pu collaborer avec toi. Ma seule crainte, c’est que tu ne sois pas disponible pour la couverture de mon prochain roman !

Un conseil à donner aux auteurs qui se lancent sur Amazon à propos de la couverture ?
À moins d’être un artiste comme Matthieu, n’essayez surtout pas de la faire vous-même. La couverture est trop importante pour être bâclée. Passer par un professionnel comme Matthieu. Votre livre le mérite.

Tu as d’autres projets à venir ?
Oui, mon second roman est sur les chapeaux de roue. Je m’attaque à un sujet passionnant : le plus grand mystère de l’Histoire soviétique. Mon histoire sera basée sur un événement troublant, mais réel, qui s’est produit en Russie il y a près de 60 ans et qui me fascine au point d’en écrire un roman.

Où peut-on trouver tes livres, en apprendre davantage sur ton univers ? (Facebook, Insta, Amazon, site ou blog)
On trouve quelques-uns de mes ouvrages de jeunesse sur Amazon, mais surtout, ne les achetez pas ! Ce sont des livres obsolètes sur la programmation. Bref, sans intérêts !
Plus sérieusement, j’ai ouvert un blog il y a quelques mois : carnetdecriture.com. J’essaye de poster régulièrement des articles sur ma façon de travailler et mes projets en cours. Parfois je mets un fragment de scène de mon second roman pour tester les réactions des lecteurs. J’ai aussi une page auteur sur Facebook, vous me trouverez sous « Laurent Jayr – auteur » et sur Twitter avec @LaurentJayr.

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Tu peux nous dévoiler ici le texte de 4e de couverture ?
Je travaille encore dessus. J’ai un brouillon disponible sur mon blog, mais je n’en suis absolument pas satisfait. Elle n’est pas encore au niveau du reste de la couverture ! Allez, juste pour toi, je te la donne, mais ça reste entre nous 😉

Genève, Suisse, printemps 2009.
Après la terrible crise des subprimes, Antoine Dargaud, programmeur surdoué, joue son avenir sur un coup énorme : un audacieux robot de trading qui va révolutionner les marchés financiers.
Son robot est d’une efficacité redoutable. Très rapidement, il suscite la jalousie et la méfiance des plus puissantes organisations bancaires au monde, tandis que la presse suisse fustige ce nouveau programme réputé « incontrôlable ».
George Schwartz, le mystérieux financier à la tête du plus influent fonds spéculatif américain, convoite lui aussi le robot d’Antoine. Ce New-Yorkais est célèbre pour avoir fait « sauter » la banque d’Angleterre dans les années quatre-vingt-dix. Il ne s’arrête donc devant rien : menaces, collusions secrètes, fraudes et trahisons en tous genres… difficile de lui résister, surtout quand il propose à Antoine de participer à une manipulation financière à l’échelle de la planète.
Mais, c’est sans compter sur l’aveuglement et l’obstination démesurée du jeune programmeur qui va lutter pour garder le contrôle de son robot. Sa désobéissance conduira à un désastre aux résonances planétaires terrifiantes…

La date de sortie, c’est pour quand ?
Pour 2019, je n’ai pas encore de date précise. Le manuscrit est terminé, mais j’essaye encore d’améliorer quelques chapitres.

Merci beaucoup. Un petit mot pour la fin ?
Oui, juste une question : es-tu disponible pour la couverture de mon second roman ?

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