Projet #dyatlov — nuit 2

Hier soir, j’ai travaillé sur le chapitre 1 pendant un peu plus d’une heure. Puis,  contrairement à mes habitudes, j’ai décidé de faire une pause pour regarder un documentaire qui revenait sur la crise des subprimes de 2008.

Très mauvaise idée. Après moins d’un quart d’heure, j’avais déjà la nausée.

Je me suis retrouvé propulsé dix ans en arrière, dans les tourmentes d’une époque que j’avais tenté d’exorciser en écrivant mon premier roman « La finance de l’ombre ». La sidération qui me saisissait alors s’est de nouveau manifesté. Aujourd’hui encore, je ne parviens pas à comprendre comment tout ceci avait été rendu possible, comment ces criminels en col blanc avaient pu agir ainsi en toute impunité. La justice n’a jamais été rendue pour les  dizaines de millions de personnes qui ont perdu leur emploi ou leur maison pendant cette crise.

Malgré mon écœurement grandissant, je dois reconnaitre que ce documentaire était intelligemment bien construit, car il mettait l’accent sur les personnages plutôt que sur le système. Une phrase parmi d’autre a retenue mon attention : « les banques ne mentent pas, ce sont les banquiers qui mentent ». C’est assez vrai. Les premiers responsables du carnage de 2008 étaient des criminels en col blanc, comme ce sale type de Lehman Brothers, le triste Richard Fuld, qui par ses agissements et ses rugissements fut l’un des principaux investigateurs de la crise. Il ne fut pas le seul, mais cet immonde personnage symbolise bien tout ce qui me désespère dans l’humanité. Dix ans plus tôt, dans l’univers de la finance, j’en ai croisé quelques-uns des salops de son gabarit. Des plus petits poissons certes, mais animés par la même cupidité nauséabonde et dépourvus de tout sens moral.

Je n’ai pas regardé le documentaire jusqu’à la fin. J’en avais assez. Je n’apprenais rien en réalité, je savais déjà tout ça. J’avais de toute façon beaucoup mieux à faire. Je me suis donc repositionné, l’estomac révulsé, devant mon ordinateur. Une autre histoire m’attendait.

Je n’ai écrit finalement que 303 mots hier soir et je me suis endormi avec un étrange gout métallique dans la bouche.

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